mardi 23 février 2016

[Télévision] Retour sur la diffusion d'Apocalypse VERDUN ce 21 février.


   Verdun,       ce nom a marqué l'Histoire de France. Déjà au Moyen-Âge lorsque l'Empire Carolingien était divisé entre les trois petits fils de Charlemagne en 843... A Verdun, on peut dire que la France et l'Allemagne se virent créées. D'un coté la Francie Occidentale, avec Charles le Chauve, de l'autre la Francie Orientale de Louis le Germanique... et au milieu un état tampon qui serait vite un prétexte de querelles pour ces deux voisins plus puissants. 1173 ans plus tard, la France et l'Empire Allemand se retrouvaient face à face pour un affrontement décisif autour de Verdun. C'était il y a 100 ans, et le couple Costelle-Clarke nous a offert un nouveau documentaire pour l'illustrer.

   La recette est désormais bien connue : Piocher au milieu de 500 heures d'images d'archives soit-disant inédites, pour réaliser un documentaire d'1h30 et à cela rajouter le légendaire ton monocorde de Mathieu Kassovitz. Du grand spectacle colorisé à outrance pour le grand public. Les non initiés qui auront regardé auront sans doute appris des choses, mais une fois de plus, ce documentaire réalisé et commenté avec l’œil de 2016, fut bourré de jugements politiquement corrects et complètement anachroniques qui m'ont laissé un gout amer.

   Il fallait le regarder, certes, mais pour se rendre compte de l'horreur de Verdun, rien ne vaut un détour sur le champ de bataille. Arpenter les sentiers au milieu de la forêt, traverser les ruines de Fleury, escalader le toit des forts et affronter la bise qui fouette le visage et balaie le paysage. Prenez le temps de passer au milieu des tombes de ses soldats enterrés devant l'Ossuaire de Douaumont, voyez leur âge, voyez leurs prénoms, des gens d'une autre époque, nos pères, nos grands-père, nos arrières-grands-pères... Ils sont morts sur ce lambeau de terre pour leur pays, pour leurs familles, pour leurs camarades. Jamais vous n'oublierez ce pèlerinage. Aujourd'hui encore, après plusieurs voyages à Verdun et ses environs, j'ai toujours la chair de poule quand je traverse ces terres marquées par l'Histoire et cela ne cessera jamais...